Feuilleté Banane-Poire

Cela peut arriver à tout le monde de se retrouver un jour avec un frigo relativement vide, malgré une envie (étonnante s’il en est) de cuisiner. Les solutions sont multiples, pour chacun se retrouve face à des aliments différents. Pourtant, le résultat est souvent le même : soupes (mon frère me pardonne cette auto-référence éhontée), pâtes, etc… et bien sûr les incontournables compotes pour le dessert.

Maintenant, pour reprendre la formulation de mon frère :

Pour qui, pour quoi, pour quand ?

Cette recette s’adresse donc aux personnes qui n’ont plus que certains ingrédients très particuliers dans le réfrigérateur, mais soyons honnêtes, les chances qu’il vous reste très exactement la même chose que moi sont minimes, et c’est pour cette raison, qu’exceptionnellement, j’ouvre l’usage de cette recette aux personnes qui ont tout simplement envie de cuisiner un dessert facile à faire, dont le goût de banane, adouci par la poire et la crème, saura ravir vos papilles, additioné à un mélange de consistances des plus intéressants, le feuilleté de la pâte produisant un couple surprenant -mais non moins agréable- avec la compote gélifiée et les morceaux de poire légèrement cuits.

Ingrédients

Ce qui restait dans mon frigo ce jour fatidique, soit :

  • 2 bananes
  • 3 poires
  • 1 noisette de beurre
  • un peu de sucre (à ajuster en fonction des goûts de chacun)
  • 2 bonnes cuillères de crèmes fraiche (j’ai une préférence pour la crème liquide entière, mais on fait avec ce qu’on à…)
  • 1 petite cuillère à café de vanille
  • 3 feuilles de gélatine
  • 2 pâtes feuilletées (achetée ou travaillée à la sueur -figurative- de vos mains, un article ultérieur y sera peut-être consacré)
  • 1/2 sachet de sucre vanillé

(Pour 8 personnes environ)

Attention, il ne s’agit là que des ingrédients pour la première partie de la recette

Aux fourneaux !

Je sépare la recette en deux parties, en commençant par la préparation de la ‘compote’ (qui n’en est pas vraiment une, d’où les guillemets) :

Tout d’abord, faites chauffer une casserole à feu moyen (5 sur 9 pour moi),

Déposez le beurre au fond, suivi du sucre, de manière à faire un caramel. Attention, ne pas mélanger le caramel, laissez le sucre fondre doucement.

Découpez les bananes en rondelles et mélangez-les au caramel, puis laissez cuire quelques minutes sans couvrir

A ce stade la cuisson, une délicieuse odeur devrait se répandre dans votre cuisine

Ajouter une poire, et laissez cuire sous un couvercle ( pensez à continuer à mélanger régulièrement)

Quand la préparation ne colle plus au fond, il est temps pour la deuxième poire de rejoindre sa première sœur, pour quelques minutes sous un couvercle,
Non sans avoir mis de côté la gélatine à tremper dans un verre d’eau froide

Puis, il conviendra de retirez la casserole du feu, et d’introduire dans la préparation, en mélangeant bien, la dernière poire, la vanille, la crème fraiche, et la gélatine (si elle a déjà été relativement assouplie par l’eau, sinon attendez un peu)

Ne faites pas attention à la quantité de crème fraiche, j’en ai rajouté ensuite

Réservez au frais pendant au moins une heure, que la préparation se solidifie.

Vient ensuite la seconde partie, la plus simple (non pas que la partie précédente était compliquée, n’exagérons rien):

Déposez une pâte dans un plat à tarte.

Jusque là, rien de compliqué

Versez la moitié de la préparation à l’intérieur, et repliez les bords au centre, en veillant à bien appuyer pour fermer la pâte.

Saupoudrez de sucre vanillé et enfourner dans un four chaud pendant 35m à 200 °C. Réitérer avec la seconde pâte et la deuxième moitié de compote.

C'est encore meilleur que ça en a l'air
Ca fait envie, non ?

Laissez refroidir avant de déguster, afin que la compote ait le temps de se resolidifier.

Et voilà, c’est sur ces bons mots que nous nous quittons, j’espère que vous apprécierez la recette.

/!\ Ne pas conserver au réfrigirateur, la pâte risque de ramollir

 

 

 

Scones Luxembourgeois

Les scones sont les pendants britanniques des muffins américains. Notez le choix judicieux de « britannique » et non « anglais » : les écossais ont en effet significativement contribué à faire des scones ce qu’ils sont aujourd’hui, d’après Wikipédia. Si l’on doit bien admettre que la cuisine outre-manche n’a pas toujours la côte, les Scones font sans aucun doute partie des choses à garder chez nos voisins eurosceptiques.

Pour qui, pour quoi, pour quand ?

Les scones sont absolument parfaits pour le petit déjeuner, mais également pour déguster avec le thé à 17 heures. Ce sera d’ailleurs un thème que nous devrons aborder : ne buvez pas n’importe quel thé avec vos scones !

Il est assez facile de faire les scones en quantité assez conséquente. Permettez-moi donc de vous dévoiler ma stratégie personnelle : préparez plus de scones que vous n’en avez besoin. Mangez-les en famille, avec des amis ou des collègues (en semaine ou le week-end selon le choix précédent), puis gardez jalousement les scones restants : ils constitueront votre goûter dans l’après-midi !

Ingrédients

Pour préparer 4 scones, il vous faut :

  • 200g de farine blanche
  • 75g de beurre
  • 2 cuillers à soupe de sucre
  • Un demi sachet de levure chimique
  • Un œuf
  • Du lait (20g environ)
  • 30g de raisins secs
  • 60g de noisettes
  • Une pincée de sel
  • Une cuiller à soupe de crème fraiche entière

Oh, vous vous demandiez ce que nos scones avaient de luxembourgeois ? En l’occurrence : la farine, le beurre, le sucre, et l’œuf. Potentiellement, les noisettes aussi. En outre, les premiers scones réalisés à partir de la présente recette ont été préparés et cuits au Luxembourg.

Jeu ludique pour les enfants : trouvez l’œuf.

Aux fourneaux !

La préparation des scones est assez simple et rapide.

Tout d’abord, versez tous la farine, le sucre, le sel et la levure dans un saladier. N’oubliez pas le sucre, même volontairement. Il permet de mieux développer les saveurs du scone. Mélangez-les légèrement. Ensuite, rajoutez le beurre découpé en petits morceaux. L’étape suivante est plus facile si le beurre est à température ambiante, mais ce n’est pas essentiel.

Egrainez le beurre dans la farine jusqu’à obtenir un mélange relativement homogène et fin. Cependant, ne recherchez pas la perfection : même s’il reste des petits morceaux de beures qui ne font pas un sable fin, cela n’est pas grave. Ces morceaux vont même améliorer la texture finale des scones !

A présent, découpez les noisettes en petits morceaux avant de les ajouter, ainsi que les raisins, dans la mixture. Mélangez afin de répartir équitablement nos fruits secs.

Dans un verre ou un petit récipient, cassez l’œuf et versez-le, blanc et jaune. Ajoutez également le lait ainsi que la crème fraiche. Mélangez quelques minutes avec une fourchette, afin d’obtenir un beau mélange homogène. La crème fraiche va aider à ce que les scones soient bien aérés et aient une consistance optimale.

Faites un trou au milieu de la mixture d’ingrédients secs, et versez le liquide. Mélangez jusqu’à ce que vous puissiez former une boule inégale. Il est très important de le pas trop mélanger ou malaxer la pâte : dés qu’elle tient à peu près en boule, vous pouvez passer à l’étape suivante !

Saupoudrez généreusement une surface avec de la farine. Déposez votre pâte à scones, et étalez là à la main, de manière à obtenir une surface uniforme et quelques 3-4 centimètres de hauteur. Saississez-vous de votre découpeur préféré, ou d’un verre, et découpez les scones. Dépôsez-les sur une plaque de four couverte d’une feuille de papier cuisson. Utilisez les chutes pour reformer une pâte et répéter l’opération.

Enfin, nous allons dorer le dessus des scones en utilisant le reste au fond du verre dans lequel nous avons mélangé l’œuf, le lait et la crème. S’il ne reste pas de liquide, vous pouvez rajouter un petit peu de lait. Vous pouvez vous servir de vos doigts, ou bien de votre pinceau préféré !

Enfournez enfin les scones dans un four préchauffé à 200° pour 20-25 minutes, ou jusqu’à ce qu’ils soient bien dorés de toutes parts. Vous pouvez retourner la plaque à mi-cuisson pour obtenir un résultat  plus uniforme.

Service

Les anglais, écossais et leurs comparses irlandais trouvent toujours des manières différentes de déguster les scones. Tout le monde a l’air de s’accorder avec le fait qu’il faut les couper en deux, et utiliser de la confiture.

Je recommanderais de mettre du beurre demi-sel avant d’appliquer généreusement de confiture de fruits rouges, mais certains préfèrent oublier le beurre, et rajouter une généreuse dose de crème battue sur la confiture des demis scones. Suivez votre instinct, et optez pour le beurre !

Autre question essentielle lorsqu’il s’agit des scones : que boire avec ? C’est évidemment une fausse question. Il faut boire du thé English Breakfast. En faisant preuve d’une grande tolérance, on pourrait accepter un single estate au lieu du blend anglais, avec par exemple un Assam indien. L’Irish Breakfast pose un problème éthique, et nous l’éluderons donc habilement en l’oubliant volontairement.

Le jus d’orange est optionnel – mais fortement recommandé. Oubliez-ça, il est obligatoire.

 

Flamiche Picarde

J’ai découvert la flamiche picarde sur le tard. Pour tout dire, cela ne date que d’il y a quelques mois. Il est important de réaliser que nous ne sommes pas passés loin du désastre : une décennie supplémentaire sans flamiche aurait été fade, plate et monotone. En un mot: ratée.

Je me suis donc récemment fait héraut de la flamiche, partageant ma passion avec toutes les personnes de mon entourage pour éviter de telles tragédies. Toutefois, il nous faut augmenter la cadence. Il faut avancer plus vite, changer d’échelle, et répandre la bonne parole à l’échelle planétaire, d’où cet article (qui fera tout au plus 20 vues – mais c’est mieux que rien) !

Pour qui, pour quoi, pour quand ?

La flamiche picarde est une tourte à base de poireaux. Il est donc recommandé de la préparer – et de la manger – dans la saison du poireau, qui s’étend de septembre à mars, d’après des sources concordantes. Quel mauvais goût de ma part que de partager cette recette en fin de saison ! Ne vous plaignez donc pas trop, et courrez vites chez votre marché, épicierie, ou supermarché préféré – après avoir fini de lire cet article, bien entendu.

La flamiche est appropriée pour tous les âges. Il est préférable d’avoir des dents, et de pouvoir digérer les poireaux, mais ce sont à peu près les seules contrindications à notre tourte favorite.

Ingrédients

Pour réaliser une belle flamiche, il faut :

  • 500g de farine à pain
  • 250g de beurre
  • 160g (16cl) de lait
  • 5 poireaux
  • 2 oignons
  • 300g de lardons fumés
  • 20cl de crème fraiche épaisse
  • 2 œufs
  • De l’emmental
  • De la noix de muscade
  • Du poivre
  • Du sel

Aux fourneaux !

La préparation de la flamiche se fait en deux temps : tout d’abord, la préparation de la pâte brisée, et ensuite la préparation de la flamiche elle-même.

Il est possible de sauter la première étape en achetant 2 pâtes brisées en supermarché. Mais ce n’est pas simplement parce que faire cela est possible qu’il faut le faire. En fait, c’est même très fortement déconseillé : ne faites pas ça. Ne faites jamais ça. Vraiment.

Préparons donc notre pâte ! C’est en fait très simple : versez les 500g de farine à pain (de la farine standard fera aussi l’affaire) dans un saladier. Ajoutez une pincée de sel, puis les 250g de beurre mou. Pas fondu, juste mou : vous avez donc deux options. La première est d’avoir laissé le beurre hors du frigidaire pendant quelques heures. La seconde est de passer le beure très brièvement au four micro onde.

Le but est ensuite de mixer le beurre dans la farine, en utilisant vos doigts, jusqu’à obtenir une consistance sableuse, sans trop de gros bouts :

Une fois que le mélange a la finesse désirée, creusez un puits au centre, et versez le liquide. Vous pouvez, au choix, opter pour du lait ou de l’eau. La différence est ténue. Rabattez ensuite les bords du puits vers le centre, et mélangez jusqu’à l’obtention d’une boule. Mélangez au minimum cette pate : elle ne doit pas être pétrie, et il est tout à fait normal qu’elle ne forme pas une boule parfaite.

Séparez ensuite la pâte en deux pâtons, de tailles à peu près égales. Disons, plutôt : essayez de diviser la pâte en deux morceaux égaux, en un seul coup. Mais ne rééquilibrez pas, et satisfaites-vous d’une différence <100g. En effet, il sera pratique d’avoir une pâte légèrement plus grosse que l’autre. Réfrigérez ensuite les pâtes pour une heure ou deux.

Deux heures plus tard, nous voilà prêts pour l’étape finale ! Et pour fêter cela, permettons-nous une petite hérésie : plutôt que d’accorder notre flamiche à un vin ou à une bière, permettez-moi de vous suggérer une bière ambrée délicieuse, qui fera de la préparation de la flamiche un moment inoubliable :

Lily Blue, de la Brasserie Saint-Hélène

Avançons à présent, accompagnés de notre bière, dans la préparation de la flamiche. émincez les deux oignons, et faites les dorer à feu moyen dans le fonds d’une casserole. Pendant ce temps, émincez les poireaux, et rincez-les abondamment.

Le rinçage des poireaux est primordial : il n’y a rien de pire qu’une flamiche – ou n’importe quelle préparation à base de poireaux- qui grince sous la dent, qui croque à cause du sable et de la terre de poireaux mal lavés. Une fois les poireaux bien rincés, ajoutez-les aux oignons dans la casserole.

Profitons-en pour noter qu’il est préférable de choisir judicieusement sa casserole. Si possible, une grande casserole. Plus grande que la mienne par exemple :

Ça déborde à peine. L’avantage est que les poireaux, que nous allons cuire à feu moyen pendant environ 20 minutes, vont perdre leur eau rapidement, et réduire significativement. Pas d’inquiétude donc si votre choix de casserole est malheureux.

Pendant que nos poireaux cuisent, faites griller les lardons (ou allumettes, selon vos gouts) à feu fort. Lorsqu’ils sont grillés, éliminez le gras, soit en le déversant hors de la poêle, ou en déposant les lardons sur du sopalin de manière à absorber la graisse.

Lorsque les poireaux et les lardons sont cuits, versez-les dans un grand saladier. Vous pouvez à présent ajouter l’œuf, la crème fraiche, le fromage, la noix de muscade, un peu de sel et de poivre.

Il est temps à présent d’assembler la flamiche ! Sortez les deux pâtes brisées du frigidaire. Saupoudrez légèrement votre plan de travail, et étalez d’abord la plus grosse pâte. Dans l’idéal, vous devriez faire un cercle (ou un rond ? Ou un disque ? Demandez à vos enfants/cousins/amis qui sont en terminale scientifique).

En réalité, nous savons parfaitement comment cela va se finir : vous allez dessiner une forme qui se rapproche le plus de l’antarctique. Exemple en photo :

Notre pâte forme un mélange parfait entre un cercle régulier et le contour de l’Antarctique.

Il parait qu’à force de pratique, d’entraînement, de concentration, et d’heures innombrables d’entraînement, il est possible d’étaler une pâte en un cercle parfait, et non en une réplique des dessins affichés dans la classe de géométrie d’une école maternelle.

Disposez votre pâte dans votre moule à tarte, et répartissez la mixture de poireaux et lardons dedans. Etalez ensuite la deuxième pâte, et déposez-là sur le dessus de la flamiche. Retirez les excédents de pâte qui dépassent de plus de trois centimètres du bord du moule. Raccordez ensuite les deux pâtes entre elles de manière à former une jolie croute, et à sceller la flamiche.

Passons à la dernière étape : emparez-vous d’un couteau bien afuté, et dessinés un quandrillage de losanges sur le dessus de la flamiche, puis badigeonnez avec un lavage à base d’œuf, afin d’obtenir une belle couleur dorée.

Enfournez dans un four chaud à 200° Celsius, pour environ 25 minutes. Surveillez bien la cuisson, car cette durée est très indicative : n’hésitez pas à replacer la quiche un peu plus bas dans le four si vous constatez qu’elle dore trop rapidement.

Service

Vous pouvez déguster votre flamiche accompagnée d’un vin blanc sec, comme un Riesling. On pourrait tenter de servir la flamiche avec de la salade, mais cette tourte est en réalité un repas complet et diversifié à elle seule : légumes (poireaux), viande (lardons), produit laitier (crème), sucres lents (pâte brisée).

N’oubliez pas de rejoindre notre djihad (oups) – notre croisade pour la flamiche picarde ! Partagez cette recette, mais avant tout, mangez de la flamiche !

Soupe Ruta-Rave

Pour qui, pour quoi, quand ?

La soupe ! Un élément indispensable de tout hiver réussit. L’hiver, c’est surtout la neige, me direz-vous. Certes, certes, mais un hiver sans ses soupes, c’est un faux hivers. C’est qu’il ne fait pas assez froid. C’est qu’on ne prend pas de bonnes résolutions en janvier. C’est un hiver raté.

Mais rentrons donc dans le vif du sujet : notre soupe d’aujourd’hui, qui est la première d’une longue série. A vrai dire, le principal challenge sera de trouver un nom pour chacune de ces soupes. En effet, elles sont souvent très similaires, ne changeant que d’un légume ou deux. Mais nous relèverons ce défi ! Et dans le pire des cas, nous numéroterons simplement nos créations, à l’image d’un Kandinsky par exemple.

Ingrédients

Nous allons donc explorer aujourd’hui notre Composition I, ou Soupe Ruta-Rave. Comme son nom le laisse supposer, il s’agit d’une soupe contenant principalement du Rutabaga et du Chou-rave.

Pour 4 portions, il faut:

  • Un beau chou-rave
  • Un rutabaga
  • 4 pommes de terre, par exemple des Charlottes.
  • Un oignon
  • Une carotte
  • Du bouillon poule
  • Une cuillère à café de noix de muscade
  • Herbes de Provence
  • Sel
  • Poivre

J’avais été optimiste sur la photo. N’utilisez qu’un seul beau chou-rave

Aux fourneaux !

Pour réaliser cette soupe, nous allons procéder de la manière suivante : découper un par un les légumes, et les ajouter dans une casserole dans laquelle les autres légumes attendent déjà.

Commençons donc : mettez une casserole sur le feu, à feu moyen, avec un filet d’huile d’olive dans son fond. Découpez l’oignon, et ajoutez le à la casserole. Ensuite, c’est au tour de la carotte d’être découpée en petits dés et ajoutée à l’oignon. Le prochain candidat est le rutabaga, à découper lui aussi en dés et ajouté dans la casserole. Les pommes de terre continuent le défilé, qui se finit donc par le chou.

Pendant tout ce temps, remuez de temps en temps la casserole pour éviter que les légumes ne brûlent sur le fonds. Une solution alternative à la découpe manuelle est de passer les légumes épluchez dans un robot pour en faire des lamelles, telles que l’on s’en servirait pour un gratin dauphinois.

Après que les légumes soient bien revenus dans la casserole, nous pouvons ajouter le bouillon. Le liquide doit arriver jusqu’en haut des légumes, mais nul besoin d’en mettre trop. Le bon timing pour ajouter le bouillon dépend de nombreux facteurs. La meilleure solution, et la plus simple, est d’ajouter l’eau lorsque les légumes collent trop au fonds de la casserole, ou lorsqu’ils sont déjà cuits. Ajoutez également la noix de muscade, un peu de sel et de poivre, ainsi que les herbes de Provence avec le bouillon.

 

Pour la cuisson, il n’y a là non plus pas de règle universelle : nous ajoutons les légumes les uns après les autres, et lorsque le chou-rave joins ses camarades dans la casserole, les oignons ont déjà bien blanchit. Pour faire simple, il faut que chacun des légumes soit bien tendre. Par exemple, vous devriez pouvoir enfoncer une fourchette facilement dans un morceau de patate ou de rutabaga.

Une fois la soupe cuite, il ne vous reste qu’à la mixer, et à ajuster la quantité d’eau pour atteindre juste la consistance que vous désirez. Personnellement, je préfère une soupe assez épaisse, mais le choix est votre. Prendre son temps pour bien mixer la soupe est important. Une soupe fraiche doit être différente d’une soupe réchauffée. C’est principalement le mixeur qui nous permet de créer un effet différent de rendre la soupe plus souple et moelleuse. Il faut donc mixer patiemment !

Service

Il y a plusieurs façons d’agrémenter et de sublimer cette soupe. Le premier choix est celui des produits laitiers : ajouter de la crème fraiche rend la soupe plus onctueuse, et également plus copieuse. Du comté ou de l’emmental constituent également d’ajouter un peu de fantaisie — et beaucoup de fils — à cette soupe.

Outre les produits laitiers, le lard est un ajout de choix. Vous pouvez faire revenir du lard coupé en morceaux grossiers dans une poêle, avant de l’ajouter dans la soupe au moment de servir. Il restera ainsi bien croquant, et relèvera efficacement la soupe ! Attention cependant à ne pas avoir trop salé cette dernière auparavant !

Enfin, le pain est un autre complément tout à fait indiqué : c’est d’ailleurs ce dernier que nous avons choisi pour déguster cette soupe !

Un pain complet, ou à base d’épeautre, fera un très bon effet. C’est d’ailleurs ce que vous pouvez observer ici (pain au levain, 60% épeautre & 40% blé complet).

On pourrait boire du vin avec notre soupe Ruta-rave, mais une bière avec des bulles bien prononcées, telle qu’une Weizen, apportera beaucoup en termes de consistance, et contrastera avec la douceur de la soupe. En outre, une bière assez maltée se mariera bien avec le pain complet, si vous choisissez de déguster votre soupe comme nous l’avons fait nous-même !

Bœuf à la bière de Nöel

Première recette, et non des moindres : le bœuf à la bière de Noël !

Pour qui, pour quoi, quand ?

Ce plat est très festif, et est plus facile à produire en large quantité qu’en portions individuelles. Autant l’avouer tout de suite: ce n’est pas tant parce que vous voulez voir vos amis que parce qu’il est difficile de tout finir tout seul que vous devez réunir du monde autour de la table. Notez bien que vos amis végétariens devront se contenter des accompagnements, qui, si vous suivez mes indications, consisteront principalement de pâtes. “Tant pis pour eux !”.

Le nom de ce plat donne par ailleurs une indication forte sur la période de l’année pendant laquelle il est le plus indiqué: l’hiver, autour de Noël. Il y a plusieurs excellentes raisons à cela: d’une part, notre bœuf de Noël est calorifique, et permet donc aux invités de rentrer chez eux sans risque malgré les basses températures de l’hiver. D’autre part, et d’un point de vue plus pragmatique, il est plus facile de trouver de la bière de Noël en hiver. Et ce dernier ingrédient est essentiel, même s’il existe des substituts faciles.

Ingrédients

Pour cinq personnes environ :

  • 900g de bœuf. La goulash ou le paleron sont de bons candidats.
  • 300g de lardons fumés
  • 500g de carottes
  • 2 tomates
  • 2 beaux oignons
  • 75cl (moins quelques gorgées) de bière de Noël
  • Worcestershire Sauce
  • Miel
  • Cannelle
  • Noix de muscade
  • Clous de girofle
  • Cumin
  • Coriandre
  • Herbes de Provence
  • Sel
  • Poivre

 

(Notez l’absence des tomates ainsi que de la bouteille de bière – pourtant je ne l’avais même pas encore entamée)

Aux fourneaux !

Prenons notre temps. Il s’agit d’un ragoût, qui va cuire environ 5 heures. La première étape est simple : découper la viande en gros dés, si possible de tailles similaires, pendant qu’une poêle chauffe sur le feu.

Faites revenir la viande dans la poêle. Nous avons deux objectifs ici : faire griller un peu la viande, et créer un premier dépôt caramélisé dans le fonds de la poêle. Ce fond va progressivement évoluer au fur et à mesure des ingrédients que l’on y fait cuire, et va contribuer à créer un ragoût unique !

Une fois que la viande est grillée sur chacun de ses côtés, disons au bout d’une dizaine de minutes, transférez la dans une marmite où elle attendra patiemment. Dans la même poêle qu’avant, faites griller les oignons. Selon vos préférences, vous pouvez viser différents degrés de cuisson. Je suggère de les rendre bien grillés et craquant : la longue cuisson avec le bœuf les rendra tendres également.

Pendant ce temps, vous pouvez découper les oignons en gros morceaux. Ils vont finir fondus et dissous au bout du processus, soyez donc économes et faites des morceaux conséquents, soit des huitièmes soit des douzièmes selon la taille de vos oignons. Découpez également les carottes en morceaux grossiers. Epluchez les tomates et découpez-les en petits dés. Ces deux derniers légument peuvent déjà rejoindre le bœuf dans la marmite.

Après avoir ajouté les lardons à la viande dans la marmite (qui est, elle, toujours hors du feu), vous pouvez mettre vos oignons dans la poêle encore à feu fort. L’indicateur que nous attendons ici est qu’ils deviennent un peu transparents et que les bords des morceaux soient bien dorés.

Une fois que cette étape est atteinte, sortez la poêle du feu. Vous êtes prêts à ajouter la bière ! En tout bien tout honneur, vérifiez que la bière est de bonne qualité, en en prélevant quelques gorgées. C’est marqué dans la recette, vous pouvez y aller sans remords.

Remettez la poêle sur le feu, à plus basse température (4-5) pendant quelques minutes, pour laisse le temps à la bière de perdre un peu de ses bulles et de son alcool, et pour prendre le temps de gratter le fonds de la poêle et s’assurer qu’ils se dissout bien dans les oignons et la bière.

Ajouter cela dans la marmite, qui contient à présent le bœuf, les lardons, les carottes, et les tomates. Il est à présent temps d’ajouter les épices !

Mettez environ une cuiller à café de noix de muscade, de coriandre, de cannelle. Mettez un peu moins de cumin, et une dizaine de clous de girofle. Ajoutez une très généreuse portion de sauce Worcester, par exemple la moitié du flacon (c’est tout à fait sérieux, mettez vraiment entre un tiers et la moitié de la petite bouteille. Ajoutez également une cuiller à soupe de miel, pour contrebalancer l’acidité de la sauce Worcester. Salez et poivrez très légèrement. Ajoutez également le bouillon cube.

Mélangez bien tout le contenu de votre marmite. Couvrez, et laissez cuire cinq heures à feu doux. Pour régler correctement votre plaque chauffante, procédez comme suit : choisissez le réglage le plus bas qui produit tout de même un mijotement à la surface de la marmite.

Après cinq heures, vérifier la cuisson : normalement, si vous plantez une fourchette dans un morceau de viande, elle devrait rentrer comme dans du beurre, et séparer assez nettement le morceau en deux. Sinon, laissez cuire plus longtemps.

Une fois que ce stade est atteint, prélevez quelques louches du bouillon. Cela fera un très bon bouillon pour faire cuire des pâtes par exemple. Montez le feu pour faire s’évaporer le bouillon. Il faut enlever la casserole du feu lorsque le ragout est encore très liquide, car la viande va absorber beaucoup de l’eau, et lorsqu’on le réchauffera nous perdrons à nouveau de l’eau.

Laisser le ragout reposer au moins 24 heures dans un réfrigérateur.

Service

Il existe un accompagnement parfait pour ce plat. Certains mets n’ont pas cette chance : prenez le Lutefisk : vous serviriez ça avec quoi ? Espérons ne jamais avoir à nous poser cette question sérieusement !

Toujours est-il que les Spätzle, ces pâtes alsaciennes, sont un accompagnement parfait pour notre bœuf à la bière. Ces pâtes sont assez fermes pour garder leur consistance et absorber la sauce du bœuf. Ajoutez dans l’eau des pâtes le bouillon que vous aviez réservé.

Il est possible d’ajouter un peu de Coriandre fraiche sur le ragout lors du service. Outre la touche esthétique, cela complémente efficacement les épices du bœuf à la bière de Noël.

Que boire avec un Bœuf à la bière de Noël et ses Spätzle ? Vraiment ? De la bière de Noël ! Si vous n’en avez pas à disposition, une bière brune ou une triple feront également l’affaire, mais il faudra compenser par des quantités plus importantes !

Bon appétit !